Commission Sécurité privée

Constats, réflexions, propositions

 

Références : Bilan des premières réunions de la commission les 18 mars et 27 mai 2026

 

Le secteur de la sécurité privée poursuit sa professionnalisation. Ces dernières années, de nombreux textes et réformes ont renforcé les exigences d’accès et de formation à ses nombreux métiers très diversifiés et très techniques.

La coopération entre les entreprises de sécurité privée et les forces de sécurité publiques est soulignée, particulièrement lors des grands évènements type JO de 2024.

Le « Continuum de sécurité », est reconnu indispensable depuis le rapport parlementaire de 2018 (Fauvergue/Thourot) pour optimiser la sécurité dans notre pays et pour faire face aux exigences lors de grands évènements mais aussi pour assurer une présence dissuasive et réagir au quotidien. En effet les agents de sécurité privé sont aujourd’hui présents partout : magasins, stades, entreprises, transports, spectacles, tous évènements festifs et manifestations culturelles. Cette coopération est régulièrement soulignée et jugée indispensable pour répondre plus efficacement à toutes les menaces : terrorisme, risques économiques, logistiques et énergétiques, sécurité des établissements et des infrastructures.

L’institution en 2020 du Délégué du Ministère de l’Intérieur aux « Partenariats » de sécurité et son remplacement en 2023 par la création au Ministère de la Direction des Entreprises et des Partenariats de Sécurité  et des Armes, la DEPSA, pour mettre en oeuvre « la Sécurité du Quotidien » avec l’objectif ambitieux d’un « Continuum de Sécurité Globale » sont un signe fort de cette orientation et de cette priorité.

Les informations recueillies et l’impression des observateurs attentifs indiquent  pourtant que la sécurité privée n’a pas encore toute la place et la reconnaissance qu’elle mérite dans le cercle des acteurs de la sécurité au quotidien. A la différence de ses partenaires du Continuum , les entreprises de sécurité privée subissent des contraintes économiques particulières et fortes à prendre impérativement en compte notamment dans ses marchés.

On en parle surtout quand le concours de la sécurité privée est indispensable et incontournable pour réagir à des situations exceptionnelles. Au-delà, elle n’est guère associée ou consultée ni mise en avant dans sa place dans le Continuum et dans ses missions traditionnelles et quotidiennes pourtant indispensables et incontournables au service de la sécurité des personnes et des biens.

  • Ce sentiment de manque de reconnaissance se retrouve dans :

 

  • Des conditions statutaires et salariales défavorables
  • Des emplois majoritairement en CDD avec un fort turn-over.
  • Des parcours de carrière hachés, une certaine précarité.
  • Des conditions économiques très contraintes : priorité au prix les plus bas possibles, au détriment de l’appréciation du niveau de qualification des prestations.

 

  • Les premières recommandations et idées qui émergent de la commission :

 

  • Mieux structurer la profession : déroulement de carrière des agents, passeport personnel pour identifier l’activité des agents qui peuvent travailler pour de multiples employeurs et pour des durées très variables
  • Poursuivre l’effort dans la qualité des formations.
  • Améliorer l’attractivité du métier par une grille salariale aménagée.
  • Sensibiliser et impliquer davantage les « Donneurs d’Ordres » pour qu’ils soient plus attentifs à la qualité de la prestation attendue et aux qualifications des personnels qu’au seul prix, pour donner un meilleur signal de reconnaissance à cette profession.
  • Peut-être imaginer comment mieux associer la profession, en amont, pour qu’elle puisse participer aux échanges et débats sur notre sécurité au niveau local et départemental, avec les autres acteurs du Continuum.

 

  • Débats enrichis par deux interventions très intéressantes et documentées :

 

Le 18 mars 2026, Monsieur Abdelhamid  FADDEOUI , Président du Groupement des Entreprises de Sécurité, nous a délivré une synthèse du projet de Livre Blanc de la sécurité privée. Ce texte est relatif aux perspectives de voir confier à la sécurité privée de nouvelles missions qui pourraient lui revenir en raison de la nécessité de recentrer l’action des forces de sécurité publique sur leur cœur de métier. Ces nouvelles attributions et missions seraient une occasion d’une plus forte implication naturelle des métiers de la sécurité privée et de leur meilleure reconnaissance. Le GES, par ailleurs, s’active à faire évoluer les règlements et conventions qui régissent la profession.

Ce même jour, Ariane TRUFFERT, Directrice de l’AN2V, nous a présenté les particularités de la branche de la vidéosurveillance. On en retient l’importance de l’évolution des technologies, des innovations digitales et le rôle incontestable de cette activité dans la lutte contre l’insécurité et la délinquance.  On constate donc que  cette branche est naturellement actrice du continuum par les images et informations qu’elle recueille et qu’elle peut partager.

RDV en Septembre pour poursuivre nos réflexions et suivre l’évolution de cette activité à l’aune des situations et décisions à venir.